Jeudi 3 mai 2007 4 03 05 2007 00:20
L'emploi productif est sans nul doute l'une des priorités nationales au regard de son impact socio-économique, voire sécuritaire. Nous parlons évidemment de cet emploi qui permet au citoyen de vivre et non seulement de survivre, un emploi qui donne la possibilité d'épargner, de planifier pour constituer une famille, construire ou acheter une maisonŠ en d'autres termes devenir membre entier de la classe moyenne : le fondement de toute société. A cet égard, et vu les problèmes du chômage endémique au Maroc (plus d'un million de personnes seraient en quête d'emploi selon les statistiques les plus indulgentes), des idées tentent de répondre partiellement à cette problématique qui comprend, on s'en doute, plusieurs variables de nature implexe. Et dans cette perspective, l'idée de transformer le Maroc en plate-forme de l'off-shoring séduit à plus d'un titre surtout, après le célèbre rapport Mc Kensy devenu depuis un certain temps la bible de la décision économique au Maroc. L'«off-shoring» signifie la délocalisation des activités de service de certaines entreprises vers des pays à bas salaire. Ce phénomène migratoire a commencé fort timidement durant les années 70 par des multinationales américaines. L'Europe, elle, plus protectionniste, s'était toujours tenue à l'écart de ce mouvement. Mais la tendance semble avoir changé. Les entreprises européennes se rendent compte qu'elles ne peuvent plus trouver les compétences nécessaires à leur développement dans un seul pays. Elles font donc appel à des sous-traitants spécialisés. Et cette technique permet de réduire leurs coûts jusqu'à 7 fois moins cher. Ces délocalisations ont surtout pour but d'assurer des services tels que la maintenance d'applications informatiques, les finances, l'achatŠ Le Maroc a mis sur pied un programme baptisé «Emergence» dédié à attirer les firmes, surtout francophones, tout en assurant un accompagnement de logistique infrastructurelle pour le premier parc qui est Casa Shore, et en termes de formation des cadres qualifiés. Certes, notre pays a des atouts non négligeables comme la proximité géographique ( contrecarrer les salaires trop bon marché de l'Inde et du Vietnam), une certaine disponibilité linguistique quant à l'usage du français, et des relations. A titre d'exemple Casa Shore ambitionne de créer jusqu'à 30 mille postes d'emplois à l'horizon 2015 avec une contribution au PIB national estimée à près de 5 milliards de dirhams. Ce programme a démarré dans sa phase anticipation pour former les personnels qualifiés entre autres par l'ANAPEC et son programme de formation à différents paliers : Taehil. Toutefois, la ville de Safi, cité industrieuse à souhait, ne semble pas figurer dans la liste des différents parc de l'off-shoring et autres «spécialisations» : ainsi, l'agro-alimentaire lié au traitement du poisson, pourtant traditionnellement industrie safiote, sera délocalisé vers le grand sudŠ Par conséquent, si rien n'est fait, la Cité des Potiers s'enlisera un peu plus dans la morosité économique. Néanmoins, il reste quelques solutions de «rattrapage» qui pourront amarrer Safi au reste du Maroc en mouvement. Pourquoi ne pas booster la formation aux métiers de l'off-shoring au niveau de Safi ? Il suffit d'une bonne volonté des autorités locales et des élus pour faire de Safi un campus des métiers de l'avenir en total complémentarité avec le plan Emergence. A méditer Š mais rapidement.                                     un article de Mr. Saïd LAQABI|ALBAYANE
Par bourjaabdelhadi - Publié dans : bourjaabdelhadi
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