Certains historiens considèrent SAFI comme étant l’une des plus anciennes villes du Royaume du Maroc. L’historien Français BERGET, estime que cette ville porte le nom du plus grand saint de KANAAN en l’occurrence ASSAFI et ce, au XIIéme siècle avant J.C. lorsque s’y installent les réfugiés KANAANS fuyant l'invasion des hébreux. Mais selon AL BAKRI, le mot SAFI est d’origine berbère qui signifie ASSIF (cours d’eau). Effectivement la ville de SAFI est traversée par l’oued Chaâba . Enfin, d'autres historiens voient l'origine du nom de la ville l'anecdote du conquérant arabo-musulman Oqba Ibn Nafii, lors de la conquête du Maroc , et qui se serait arrêté à Safi , devant la mer, devant l'impossibilité d'aller plus loin, il aurait eu des regrets : "wa assafah" (que sont grands mes regrets). Quelque soit l'origine de son nom, SAFI en a séduit plus d'un... HISTOIRE DE SAFI : Au commencement, ce pays était couvert de forêts profondes et de certains fleuves paresseux où vivaient des éléphants, des crocodiles, et toutes sortes d'autres animaux parmi lesquels des hommes qui logeaient à l'ombre des arbres ou dans des cavernes creusées à la paroi du rocher pour éviter l'attaque nocturne des bêtes dévorantes. Les premiers rapports avec la civilisation méditerranéenne, avec les peuples des " Iles de la Mer ", remontent environ le Xlle siècle avant j.-C. époque où les Tyriens ayant fondé Cadix, se mirent à naviguer sur la cote Atlantique et créèrent des comptoirs ici et à Agadir La colonie des KANAANS installée plus tard, se développa sans doute jusqu'au IVe siècle, le Carthaginois Honnon y vint embosser son escadre pour permettre à ses gens de se reposer et de se ravitailler, tandis que lui, avec quelques bateaux, courait au long des rivages cherchant des points où l'on put fonder quelque autre colonie. L'histoire, et ce qu'il nous reste de son inscription mal traduite par un Grec, nous apprend qu'il en fonda cinq, dont une seule peut être identifiée vraisemblablement: El Ayar, sur la lagune d'Oualidia. Vue de la "Kechla Puis vint la ruine de Carthage et la domination romaine. Elle ne s'étendit pas, militairement, jusqu'ici où tous les grands remous des peuples ne sont arrivés qu'atténués. Mais les monnaies romaines de l'époque, que l'on retrouve à Safi dans les fondations de la maison des Pharaons, prouvent la souveraineté de Rome. Il y eut après l'influence chrétienne d'Augustin, puis le schisme de Dona embrassé par les gens du pays qui sont dans tous les domaines de l'esprit, avant tout, schismatiques. La grande migration israélite suivant les massacres de la Cyrénaique introduisit chez nos Conanéens la loi mosaique, et ils devinrent juifs. C'étaient des juifs guerriers et agriculteurs, ils étaient aussi, à Safi que visitaient les Phocéens à la suite d'Eutyménés et de Pythias, ancêtres de Nicolas Paquet marchands et banquiers. Passèrent les Goths, qui ont laissé des traces dans le pays puis les grands nomades arabes qui précédaient les conquérants musulmans, et dont les chameaux rapides marquèrent la fin de l'âge de l'éléphant. Après la conquête de l’Islam dans cette région d’Afrique du Nord, un grand nombre de combattants décidèrent de s’y installer définitivement autour de leur chef militaire et spirituel CHAKIR. Ce dernier est mort à AHMAR, après avoir édifié l’une des plus premières mosquées de l’Islam qui existe encore près de CHEMAIA. Vue des fortifications de Safi Safi assurait, en tant que port de la capitale Marrakech de l'empire Almohade au XII siècle, des relations directes avec l'Andalousie et se présentait sous forme d'un espace fortement urbanisé, doté notamment, d'importantes fortifications et d'une grande mosquée centrale , laquelle étaient rattachées de nombreuses institutions A la fin du XII siécle, Abou Mohamed Saleh, Saint Patron de la ville depuis, fonde un ribat ou couvent fortifié, dans un faubourg mitoyen de la ville, qui allait donner à Safi une fonction religieuse, de portée nationale et internationale. Il institue, en effet, deux ordres religieux, les premiers du genre organisés au Maroc, une Tariqa ou voie mystique et la Tafa des Houjjaj, remarquable organisation du pélerinage à la Mecque, à travers un immense réseau de centres d'accueil (Sijilmassa, Tlemcen, Bougie, Barqa, Alexandrie,...), à une époque ou cette obligation était suspendue pour des raisons d'insécurité. Constitué de deux entités urbaines, la ville s'enrichit, au XIV siècle, d'une medersa (école-Université), édifiée par Aboul Hassan Al Marini, d'un bimaristan (hôpital) et de nombreuses autres institutions, une qaysaria (galerie marchande), un mohtasseb (comptable publique), au fur et à mesure que Safi s'impose comme place d'échanges d'importance qui commerce avec Gènes, Séville, Marseille, etc... A la fin du XV siècle, la pression portugaise s'accentue, et aboutit à l'occupation de la ville qui va durer de 1509 jusqu'à sa reprise par les Saadiens, en 1541. Safi était alors la principale place portugaise fortifiée pour le contrôle de la région maritime. Sous les portugais au XVème Siècle, le rôle de SAFI se raffermit. SAFI Connut alors un grand essor urbanistique, commercial et maritime. D'ailleurs, le 17 juin 1499, par décision du Pape, Safi est devenu un archevêché, comprenant Eljadida, Azemmour, Oualidia et Swira Qudima. De nouveau reliée à Marrakech sous les Saadiens en 1541, Safi demeure un des plus importants ports du Royaume jusqu'à la création d'Essaouira, à la seconde moitié du XVII siècle. Il reste cependant siège de consulats étrangers et participera, au cours du XIX siècle, à l'ouverture commerciale du Maroc sur les puissances étrangères. La libération de SAFI pas les Saadiens n'interrompt point les échanges avec l'Europe qui au contraire s'intensifient. Les Français y ont leur part. Au 17ème siècle, le consul de France a sa résidence à Safi et c'est dans ses murs que le commandeur de Rasilly signe au nom de Louis XIII plusieurs traités de commerce entre la France et l'Empire Chérifien. La communauté juive qui y est vit est importante et n'est pas installée dans un mellah. L'existence de cultes mixtes, judéo-musulman, tel celui rendu jusqu'au milieu du XX siècle aux Oulad Zmirro, les sept saints juifs enterrés à Safi, témoigne de l'entente qui prévaut depuis plusieurs siècles entre les deux communautés. AU XVIIème siècle, grâce au développement des échanges qu’a connu le Port de SAFI, plusieurs puissances d’Europe (France, Angleterre, Hollande et Danemark) se sont intéressées à la région, ce qui a amené les Sultans du MAROC à conclure des conventions de coopération commerciale avec ces pays en vue de faire prospérer la région. Dès le XIX ème siècle, la ville commence à décliner. A partir de 1920, le port de Safi est l'objet d'extensions progressives, fonction de l'accroissement de l'exportation des phosphates. Mais c'est au cours de la seconde guerre mondiale, que la flottille de pêche va connaître une croissance considérable liée au développement de la conserve qui fera de Safi, au début des années 1950, le premier port sardinier du monde, pour la pêche et la conserverie. Safi est aussi célèbre pour l'activité de ses potiers, attestée dès le XII siècle. Cette activité a connu un regain d'intensité au XIXème siècle, et une renaissance progressive, grâce à la création, vers 1920, d'une école de céramique et d'un atelier pilote, avec Maitre Lamali, qui ont permis de renouveler et de perpétuer cette activité sur la Colline des Potiers.